<The Other Side of the Body>
Journal n°12
J’ai commencé à observer tous les mécanismes de son corps, à comprendre la mécanique sous-jacente… Je me suis posé la question du mimétisme des robots, est-ce vraiment intéressant ? Leur fluidité dans le mouvement, cette familiarité singulière qui les rend presque humains, mais pas totalement…
Cela m’a rappelé Léonard de Vinci, qui disséquait le corps humain, pour en comprendre l’architecture. Mais notre époque, en cherchant à saisir et reproduire l’essence même du corps et du mouvement humain, sommes-nous à l’inverse de sa démarche ? Non plus à ouvrir le corps, mais à tenter de le reproduire, de réinventer cet acte créateur. À chercher à capter, à capturer l’essence même du mouvement, du souffle, de l’élan qui fait de nous des êtres vivants.
Mais une autre question demeure : est-ce que cet entraînement des machines, cette quête d’imitation, ne nous dépassera-t-elle pas un jour ? Il y a quelque chose d’intrigant dans cette conscience, que l’on pourrait dire un jour « jusqu’au bout des doigts »…
Ce contact entre l’humain et le corps en présence, entre la matière vivante et la mécanique animée. Les robots sont devenus une présence, un reflet de nos désirs et de nos interrogations sur ce que signifie être vivant.
Et puis, je me demande, arriverons-nous un jour à cloner des individus robotiques, à en fabriquer d’autres si parfaits qu’ils paraîtront plus humains que les humains eux-mêmes, plus intelligents dans leur façon d’interagir et de penser ? Cette idée captive autant qu’elle inquiète. La frontière entre machine et vivant deviendra-t-elle alors totalement floue, au point de redéfinir ce qu’est l’humanité ?